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Editorial : Ça l’affiche mal !

AffichageLe Malotru fait parfois de drôles de rencontres. Ça a dû se  passer un soir, à la nuit tombée, à l’heure, pour certains, de la promenade canine rituelle et incontournable, ou, pour d’autres, de la sortie du cinéma, ou encore du retour de réunion pour quelques galopins en quête d’un monde nouveau…Il ne se souvient plus très bien. Surgissant de la nuit, deux silhouettes gémissantes semblaient errer sans but, comme des âmes en peine, en proie semble-t-il à d’indicibles tourments. Notre contre-journal, ému de ce spectacle insoutenable, voulut en savoir davantage et s’approcha d’elles sans bruit. Elles portaient dans leurs pauvres mains crispées l’une un pinceau, l’autre un seau. Sous le bras l’une  serrait précautionneusement quelques feuilles roulées. La musique d’une complainte  parvint aux oreilles du Malotru -organe qu’il a, comme chacun le sait maintenant, particulièrement bien développé :

« Que sont mes panneaux devenus 

que j'avais de si près tenus.

Et tant aiméééés.

Ils ont été trop clairsemés.

Je crois le vent les a ôtés.

Ma voix est moooorte*…»

 

Vous serez peut-être un certain nombre à partager cette douleur, colleurs d’affiches mes frères,  en quête de panneaux accueillants pour  afficher publiquement nos appels, invitations, proclamations diverses qui ne sont en fin de compte que des éléments d’un débat démocratique qui semble bien mal servi dans l’espace public.

 

Ulcéré par tant de douleur, le Malotru partit d’un pas décidé compulser ses dossiers. L'affichage libre,  disent les textes officiels, reflet de la liberté d'expression, est un mode d'expression très utilisé en France. Son nom officiel est « affichage d'opinion et (de)  la publicité relative aux activités des associations sans but lucratif ».

 

« Tiens, se dit le contre journal, mais je connais par ici nombre d’associations sans but lucratif. Je sais nos élus particulièrement sensibilisés à cette question de la liberté d’expression. Comment se fait-il que des panneaux disparaissent au fur et à mesure, victimes de travaux de voirie, de plans de réorganisation de l’espace public? Poursuivons notre lecture.

 

L'affichage libre était réglementé par la loi n° 79-1150 du 29 décembre 1979 et par le décret d'application n° 82-220 du 25 février 1982 ; il est actuellement régi par les articles L. 581-13, R. 581-2 et R. 581-3 du code de l'environnement. Les communes sont tenues d'informer (directement ou sur demande) les citoyens des emplacements  d'expression libre disponibles sur leur territoire.

Cette règlementation stipule en particulier que toutes les communes françaises doivent disposer d'au moins :

  • quatre mètres carrés d'affichage libre pour les communes de moins de 2 000 habitants ;
  • quatre mètres carrés plus deux mètres carrés par tranche de 2 000 habitants au-delà de 2 000 habitants pour les communes de 2 000 à 10 000 habitants ;
  • douze mètres carrés plus cinq mètres carrés par tranche de 10 000 habitants au-delà de 10 000 habitants pour les autres communes.

Par ailleurs, la législation précise que le ou les emplacements réservés à l'affichage d'opinion et à la publicité relative aux activités des associations sans but lucratif doivent être disposés de telle sorte que tout point situé en agglomération se trouve à moins d'un kilomètre de l'un au moins d'entre eux.

En principe, ces emplacements d'affichage sous différentes formes (panneau, colonne Morris, mur ...) doivent être réservés aux associations ou à toute personne voulant passer une annonce gratuitement sans but lucratif ou commercial. Certaines communes réservent des panneaux par type d'affichage en distinguant ces trois catégories :

  • affichage d'expression politique
  • affichage associatif
  • expression libre

Dans la plupart des communes, l'affichage d'opinion et des associations sans but lucratif est autorisé sur les palissades de chantier (Article L581-16 du Code de l’environnement)

 

Deux panneaux disparus à Saint Lunaire, un à Dinard, introuvables à Pleurtuit, insuffisants à Saint Malo… Sans compter la publicité invasive des annonceurs de spectacles ou de manifestations commerciales, ce qui enlève le caractère libre de ce mode de communication gratuit. Décidément, les tempêtes récentes ont emporté au loin le respect des lois de la république.

Madame, Messieurs les maires des communes, si soucieux de communication quand il s’agit de tourisme de riches sur notre belle côte d’émeraude êtes-vous en règle avec la loi ? Répondrez-vous aux courriers des citoyens qui vous demanderont, comme l’exigent les textes, de leur communiquer la liste  des emplacements  d'expression libre disponibles sur leur territoire ?

 

*Excuse-moi, mon pauvre Rutebeuf !

Le Malotru vous prend au mot (croisé)

Ah, ce Malotru ! Est-ce qu'il ne lui manquerait pas une case ?!

 

Mots croises

Le Ma-Lo-Tru... Dans-La-Rue !

Belle manifestation ce jeudi 30 mars à St Malo, contre la loi-travail mais aussi contre tout ce pourquoi nous n'avons pas voté en 2012... Beaucoup de jeunes, et de moins jeunes, et de soleil, et de dynamisme...

 

Dans le rétroviseur : Globish, Sing sing, Condor

Globish, One-shot and Co. Semaine de la langue française :

Après trois rubriques  consacrées depuis un an à l’insidieuse présence du « globish »,  ce sabir à base d’anglais qui ne ressemble à rien et qui semble toujours du dernier chic, on pensait en avoir fini une fois pour toutes. D’aimables lecteurs se sont émus de notre intention de mettre un terme à nos observations. « La bêtise, c’est de conclure » nous écrit même l’un deux, citant Flaubert. L’altermondialisation sera polyglotte, ou ne sera pas, suggère un autre, de façon définitive. Le Rétroviseur se voit donc condamné, douce violence, à relayer cette fois encore quelques remarques, coupures de presses et autres preuves indubitables de ces crimes linguistiques à l’âge de la « globalisation », pardon, de la mondialisation.

Oneshot2

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Editorial : Cette loi qui nous travaille !

Côte d’Emeraude, terre de tourisme, haut lieu de l’hôtellerie-restauration.

Voilà des patrons de PME qui vont se réjouir en masse d’une éventuelle mise en œuvre de la loi-travail !

Nos élèves d’établissement d’enseignement hôtelier sont-ils conscients de l’avenir radieux qu’on leur prépare ? Ils ne sont généralement pas très enclins à renâcler, ils sont trop souvent destinés à la soumission, à la souffrance au travail et au silence, au nom de « la qualité du service ». Mais tout de même !...

Cafe travail

En juin dernier, au moment de la loi Macron, après une critique en règle du referendum d'entreprise, la CFDT (oui, vous lisez bien) écrivait :

« Nous sommes consternés par les différentes discussions portant atteinte au droit du travail. Nous ne sommes pas en totale opposition à simplifier le Code du travail : le rendre plus compréhensible  et plus accessible pour l’ensemble des salariés afin qu’ils puissent connaître leurs droits. Par contre, nous refusons que la simplification soit associée à un  détricotage  des textes pour supprimer des droits fondamentaux, exercice que le gouvernement semble bien s’approprier ».

Comme quoi la migration colorimétrique du sommet (du rose vers l’orange, puis… ) n’a pas encore totalement jauni la base ! On attend que ce syndicat passe en masse dans une autre confédération, comme d’autres branches l’ont fait dans le passé !

Les salariés de ce secteur d’activité, déjà fortement soumis dans notre région aux contraintes de l’emploi saisonnier,  seront en effet particulièrement touchés par ce qu’on appelle « l’inversion des normes ». Rappelons que la norme en question est celle qui, dans le droit du travail, dit qu’un accord d’entreprise ou d’établissement peut être signé s’il est plus favorable aux salariés que les accords de branche et nationaux en vigueur. Dans la loi-travail, c’est l’inverse !

Le jeune commis de cuisine, déjà militarisé dans sa brigade, pourra-t-il refuser quoi que ce soit, en face à face, à son patron, au nom de la compétitivité et du maintien de l’emploi ?

L’inspection du travail n’y aura même pas son mot à dire, elle est largement écartée dans la loi-travail, ainsi d’ailleurs que la médecine du travail.

Nous et nos chers touristes devons-nous nous réjouir de voir nos bistros, restaus, hôtels, ..., qui se rassasient déjà des stagiaires de nos lycées hôteliers sans toujours leur apporter autre chose que l’expérience de la pression extrême du travail et des horaires délirants (« si cela ne te convient pas, il faut changer de métier ! » ), nous réjouir disais-je de voir ceux qui font tourner la boutique totalement à la merci de ceux qui, parce qu’ils y ont investi, en récoltent les fruits ?

Les accords nationaux et les accords de branches permettaient de les protéger a minima, cette loi les désarme totalement.

Mangerons-nous, dormirons-nous, mieux ainsi ?

Un chemin semé d’embûches (3)

Extension du domaine de la lutte sur la Côte d’Émeraude

 

Un bref rappel pour nos lecteurs dont l’attention risque de s’être dissipée en cours de route. Le feuilleton que nous avions inauguré en juillet 2015, sous le titre «Un chemin semé d’embûches» [1] , et qui narrait la longue bataille des Amis des Chemins de Ronde (les ACR 35) afin de faire reconnaître les droits des citoyens de tout poil de déambuler librement le long de notre belle Côte d’Émeraude, reprend du service.

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[1] « Un chemin semé d’embûches » dans le Malotru du 9 juillet 2015, suivi par un second article paru le 17 septembre de la même année, où le Président des ACR35 faisait le point des avancées mais aussi des difficultés rencontrées dans son combat pour faire respecter la servitude de passage le long du littoral.

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Un malo-trump à St Malo !

Le Malotru (ainsi auto-proclamé plus par antiphrase que par provocation) vient de trouver dans l’actualité locale matière à pourfendre ce qu’il redoute le plus, la violence des puissants, la grossièreté et l’indigence des propos.

 « Le commerce en centre-ville n’a aucun avenir ».

2016 beaumanoir

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Avis de submersion possible

Un premier rassemblement contre la loi travail a eu lieu mercredi 9 mars, comme partout en France, à la Grande Passerelle de St Malo pour  rectifier le cap et refuser le naufrage de la protection sociale. Les différentes prises de parole ont confirmé la détermination des participant.e.s à faire de la journée du 31 mars la démonstration de force qui fera faire machine arrière à un gouvernement piloté par le MEDEF.
Sous la pluie et le vent, en prélude aux grandes marées, les plus courageux ont rejoint la mer...

Les citoyens se ramassent à l'appel

Le Malotru a été informé de cet appel, initiative de militants locaux qui souhaitent redonner aux simples citoyens l'envie d'agir et de s'exprimer.Appel citoyen

Communiqué de la Ligue des Droits de l’Homme de Saint-Malo

A l’appel de la Ligue des Droits de l’Homme, un communiqué signé par plusieurs organisations a été adressé aux médias locaux pour dénoncer la pétition raciste et xénophobe contre l’ouverture d’une mosquée à Saint Malo :

 

Une pétition prétendant s’exprimer au nom de « l’immense majorité des Malouins » s’oppose à la construction d’une mosquée sur la commune de Saint-Malo.

Les initiateurs de cette pétition justifient leur demande en usant d’une rhétorique qui introduit des clivages et des haines potentielles au sein de la République et, dans ce cas précis de la population de notre région.

Rappelons que notre Constitution affirme dans son article 1, que la France est

« une République indivisible, laïque, démocratique et sociale .Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances. »

Quelles que soient ses convictions privées à l’égard du fait religieux, l’immense majorité des citoyens de notre région revendique son attachement au principe de laïcité garant du vivre ensemble.

 

Communiqué de la LDH soutenue par des associations (ATTAC, 6 j’ose) et des partis politiques (PCF-PRG-EELV)

Solution d'"un p'tit mot..."

La bonne solution ? Croisons les doigts !

 

Mots croises 3 malotru solution

Un p'tit mot, deux p'tits mots, ...

3 p'tits mots croisés...

 

Mots croises 5

Editorial : Tu vœux ou tu vœux pas ou La stratégie d’Aladin

Souhaits2Difficile en ce début d’année d’échapper au déluge des souhaits de pure forme, promesses floues, déclarations de molles intentions, résolutions éphémères, engagements de façade auxquels se croient tenus des élus de tous bords et des responsables de tous poils. Persuadés que l’aube d’une année nouvelle confère à leur propos un supplément d’autorité  - souvent démentie au demeurant  par leurs actions passées- ils s’appliquent tels des demiurges sans mémoire à dessiner l’avenir d’un peuple bien souvent aussi perplexe… qu’incrédule. Car ses vœux à lui, le peuple, restent souvent lettre morte, les appels qu’on lui lance prêchent un unanimisme de circonstance  et l’on ne compte plus les décisions adoptées en son nom sans que le débat dépasse le cercle restreint des partisans du pouvoir.

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Solution des "cases de l'oncle Malotru"

 

Vous l'attendiez, le père noelotru est passé, il vous donne la solution...Mots croises 3 soluce

« LA MAILLETTE», une monnaie pas comme les autres

Nous l’avions déjà annoncée en novembre dernier, La monnaie locale complémentaire du Pays de Rance, « La Maillette », a encore fait parler d’elle dans notre salle obscure préférée à Dinard. Il s’agissait alors, pour les organisateurs de l’association qui l’a développée à Dinan, d’illustrer le film de Michael Le Sauce « Un Revenu pour la Vie ». Cette fois-ci, le cinéma « Les deux Alizés » a présenté à Dinard le jeudi 3 décembre 2015 le film « Devises trompeuses » du cinéaste allemand Claus Strigel, qui critique les dérives du système bancaire et financier actuel, et défend le principe de l’expérimentation de monnaies locales complémentaires (MLC). La soirée était organisée en partenariat avec le Comité local ATTAC du Pays de Saint-Malo/Jersey et le débat qui s’ensuivit fut donc principalement consacré à une discussion autour de cette monnaie locale qui est la plus proche de notre aire de nuisance...

Maillette carte2

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Les cases de l'oncle Malotru

La solution... l'an prochain !

Mots croises 4

Ne craignez pas la lettre

LetterLe Malotru publie une lettre d'information parcimonieusement régulière.

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Croisés et multi-pliés

Allez, on vous a laissé quelques jours de rab, mais voici la solution de nos mots croisés 1, en attendant le suivant :

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Editorial : Le compteur de Noël

LinkyComme sans doute bon nombre d’entre nous, le Malotru se laisse prendre au charme de cette fin d’année qui nous fait retrouver envers et contre tout, une âme d’enfant. Les longues nuits du solstice, les veillées où les grands-parents racontent les légendes du temps jadis... Mais foin de ces vieilles lunes, cette fois-ci, le Père Noël s’est inspiré des techniques les plus performantes du marketing et de la relation client. Alors que la rédaction du journal, tirant la langue, les yeux rivés sur l’ouvrage, en était encore à découper avec application les vignettes illustrant ses rêves les plus fous dans les divers catalogues de cadeaux qui lui étaient parvenus, elle vit arriver dans sa boîte aux lettres un courrier de « son » conseiller EDF favori. Une lettre d’une parfaite urbanité lui annonçait l’arrivée prochaine  dans ses sabots de « Linky »,  un appareil révolutionnaire appelé « compteur communicant ». « C’est quand même la première fois que le Père Noël s’adresse à nous avant qu’on lui ait demandé quoi que ce soit », se dit le Malotru. « Quel communicant, ce compteur ! Menons l’enquête…».

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Condor Ferries (Suite et fin ?)

Depuis plus d’un an, Le Malotru a eu à cœur d’informer ses fidèles lectrices et lecteurs de l’ « affaire Condor ». On se rappellera que nous avons démonté les schémas financiers de cette multinationale emblématique. Nous avons mis également en lumière le jeu savant qu’elle a organisé entre ses filiales, ses modes et lieux  de recrutement et d’emploi, ou les dispositifs d’enregistrement offshore de ses navires. http://www.malotru.org/blog/st-malo/condor-la-belle-affaire.html)

Condor secu

Un blocage pour ouvrir la discussion

Le témoignage de deux navigants nous a été précieux pour faire comprendre les enjeux de leur combat pour bénéficier, en particulier, d’une couverture sociale et de droits sociaux identiques à leurs collègues employés par des entreprises françaises. Rappelons que onze salariés de Condor Ferries avaient bloqué le Condor Rapide pendant deux semaines en février l’an passé. La CPAM menaçant de les radier du régime de la Couverture Maladie Universelle en janvier 2015, il était urgent d’agir.

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