Editoriaux

 

Editorial : Le monde qui émerge*

C’est vrai, Le Malotru en est témoin. L’idée de la transition comme nouvelle façon de penser le monde se répand dans les esprits et atteste l’engagement irrévocable de toujours plus de citoyens dans un mouvement, qui peu à peu, s’impose comme la seule solution possible aux problèmes de notre planète et des sociétés qu’elle héberge. Le Malotru l’a vu lors de cette journée malouine de la transition qui s’est tenue le 24 septembre, et qui a rassemblé dans un cadre convivial des associations innovantes et déterminées. Il l’a constaté aussi  lors de l’Université Européenne des Mouvements Sociaux qui s’est tenue fin août à Toulouse, la ville rose qui, pour l’occasion, avait viré au rouge, irisé des couleurs de l’espoir des peuples porté par plusieurs centaines d’organisations et deux mille participants venus de toute l’Europe et d’ailleurs.

Esup 2

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Editorial :

Malotru radio final

Le temps costesméraldien est pluvieux chaque jour (et plus vieux chaque jour d'un jour), l’occasion pour le Malotru d’écouter la radio.

Retour sur quelques émissions de gazouillis à effet de serre.

Editorial : Bonjour à vous, malotru-blion/ne/s

Bonjour à vous, malotru-blion/ne/s et -sans doute- truculent/e/s lect/rices/eursTruie

Vous avez pu imaginer que notre silence était définitif et peut-être avez-vous raison. Le Malotru vous le dira en temps et en heure. Mais l’actualité, en raison de sa gravité, se rappelle à nous, et par le malotruchement de l’un de nos talentueux rédacteurs, notre brave contre-journal a soudain tressailli. Il a repris, pour un temps, sa truelle, et sans malotrucage, a bâti un article qu’il vous plaira peut-être de lire en truissotant de plaisir, que vous soyez malouins, trugnotins, truinasiens ou trucycois, Depuis quelques mois, Le Malotru s’est en effet enfermé dans un silence obstiné, conscient du fait qu’il valait mieux se taire plutôt que de se laisser aller à des errements langagiers truffés de truismes affligeants, à de vaines  fioritures stylistiques parées de trumeaux indécents, bref, à truquailler sans rime ni raison faute d’inspiration. Refusant de vous trumper, d’échouer lamentablement  comme un trumpeau sur des rivages sans repères, il fera sans tarder le choix d’une renaissance frappée du sceau de l’altruisme ou celui d’un retour définitif au silence, sans truander.

Editorial : Ranimer la flemme !

Flemme

 

 

 

 

 

« Le Malotru tire sa flemme », direz-vous peut-être, vous qui attendez depuis de longs mois ses délicieuses ratiocinations.

 

Bien sûr, on lui a posé la question. Je ne dirais pas qu’on l’a réveillé, car il ne dormait que d’un œil ; en fait, le bougre était sérieusement occupé. Surbooké ? lui ai-je demandé, histoire de provoquer une réaction du fond de son anti-globishité.

 

Il n’a pas bondi, mais simplement expliqué : les choses sont bien plus simples :

Le Malotru se met en mode hibernation et le restera tant que le calendrier militant de ses rédacteurs sera aussi chargé. Mais avant, il va quand même vous indiquer quelques rendez-vous en novembre, vous les trouverez dans son agenda.

Soyez indulgent avec le Malotru !

Editorial : Et maintenant, payez la note !

Renoultphone

Ainsi donc, dans la gamme des décisions de la municipalité malouine de privatisation tous azimuts depuis l’accès aux vastes espaces du bord de mer jusqu’aux jardins publics les plus discrets, en passant par la vente à un groupe hôtelier de tel bâtiment initialement cédé par l’Etat pour accueillir un musée de la marine ou l’affectation de locaux de la médiathèque à des activités commerciales, nous voici avec une nouvelle annonce qui sonne étrangement à l’oreille du Malotru. Sans tambours ni trompettes la municipalité décide de ne pas renouveler la convention passée avec l’Ecole de Musique de la Côte d’Emeraude. Accueillant 430 familles de toutes catégories sociales et provenant de toute la Côte d’Emeraude, cette école associative fortement impliquée dans l’action pour la démocratisation de la culture impulse également de nombreuses manifestations gratuites, un dispositif pédagogique musique et handicap ainsi qu’un éveil musical de la petite enfance. Pour sûr, cette décision ne doit rien à l’improvisation.  La mélodie est connue, le rythme est soutenu et la cadence bien marquée. Le Malotru tend l’oreille, comme toujours… Les vibrations désespérées d’un violon torturé par un musicien en herbe auraient-elles dérangé le sommeil de nos élus ? Les sanglots désespérés d’un tuba à l’agonie auraient-ils agacé leur pavillon d’ordinaire peu sensible aux sons désagréables venus du dehors ? Pas si sûr. D’aucuns murmurent que le tintement des espèces sonnantes et trébuchantes ainsi conservées dans les cassettes du budget municipal aurait un charme particulier propre à émouvoir le cœur de nos petits argentiers locaux, apparemment plus sensibles aux accents de la rentabilité financière que de la justice sociale. Peut-être bien en effet -le Malotru connaît la musique- et comme dans le contre-chant on pourrait aussi y voir -mezza voce- une autre ligne mélodique, comme une partition entre riches et pauvres, les uns ayant droit à la beauté, à la culture, aux arts et les autres non, au seul motif que dans le monde merveilleux de l’argent roi, tout est accessible à ceux qui en ont les moyens, et que l’on tolère les autres à condition qu’ils ne coûtent rien. Comme une forme sournoise d’une société inégalitaire où on ne parle plus d’enrichissement humain mais d’enrichissement tout court, où la notion de bien public se voit soumise à la seule logique financière de la privatisation des profits et de la socialisation des pertes, où ce qui était utile à tous devient une source de profits pour quelques-uns.

Vivre à Saint Malo est un luxe et l’émeraude se vend bien.  Stationnement, campings, hôtels de luxe, voire certains sentiers côtiers… même la piscine du Naye, si l’on en croit les bruits qui courent : aisément accessible, parfaitement intégrée dans le tissu urbain, située dans un environnement superbe, il est question de la remplacer par un établissement aqua ludique dont la finalité sera encore une fois essentiellement financière. Petits nageurs, dehors. Les valeurs du sport ne sont plus celles que vous croyez. Les choix économiques sont têtus et ne traduisent rien d’autre que l’idée qui les sous-tend, celle d’une société éclatée où les privilèges sont la règle et l’égalité l’exception. Ainsi, petit à petit, il se passe pour les malouins comme pour les habitants d’autres sites d’exception, contraints de partir, dépossédés de leur lieu de vie, de leurs paysages et de leur bonheur d’être ici.

Editorial : Cette loi qui nous travaille !

Côte d’Emeraude, terre de tourisme, haut lieu de l’hôtellerie-restauration.

Voilà des patrons de PME qui vont se réjouir en masse d’une éventuelle mise en œuvre de la loi-travail !

Nos élèves d’établissement d’enseignement hôtelier sont-ils conscients de l’avenir radieux qu’on leur prépare ? Ils ne sont généralement pas très enclins à renâcler, ils sont trop souvent destinés à la soumission, à la souffrance au travail et au silence, au nom de « la qualité du service ». Mais tout de même !...

Cafe travail

En juin dernier, au moment de la loi Macron, après une critique en règle du referendum d'entreprise, la CFDT (oui, vous lisez bien) écrivait :

« Nous sommes consternés par les différentes discussions portant atteinte au droit du travail. Nous ne sommes pas en totale opposition à simplifier le Code du travail : le rendre plus compréhensible  et plus accessible pour l’ensemble des salariés afin qu’ils puissent connaître leurs droits. Par contre, nous refusons que la simplification soit associée à un  détricotage  des textes pour supprimer des droits fondamentaux, exercice que le gouvernement semble bien s’approprier ».

Comme quoi la migration colorimétrique du sommet (du rose vers l’orange, puis… ) n’a pas encore totalement jauni la base ! On attend que ce syndicat passe en masse dans une autre confédération, comme d’autres branches l’ont fait dans le passé !

Les salariés de ce secteur d’activité, déjà fortement soumis dans notre région aux contraintes de l’emploi saisonnier,  seront en effet particulièrement touchés par ce qu’on appelle « l’inversion des normes ». Rappelons que la norme en question est celle qui, dans le droit du travail, dit qu’un accord d’entreprise ou d’établissement peut être signé s’il est plus favorable aux salariés que les accords de branche et nationaux en vigueur. Dans la loi-travail, c’est l’inverse !

Le jeune commis de cuisine, déjà militarisé dans sa brigade, pourra-t-il refuser quoi que ce soit, en face à face, à son patron, au nom de la compétitivité et du maintien de l’emploi ?

L’inspection du travail n’y aura même pas son mot à dire, elle est largement écartée dans la loi-travail, ainsi d’ailleurs que la médecine du travail.

Nous et nos chers touristes devons-nous nous réjouir de voir nos bistros, restaus, hôtels, ..., qui se rassasient déjà des stagiaires de nos lycées hôteliers sans toujours leur apporter autre chose que l’expérience de la pression extrême du travail et des horaires délirants (« si cela ne te convient pas, il faut changer de métier ! » ), nous réjouir disais-je de voir ceux qui font tourner la boutique totalement à la merci de ceux qui, parce qu’ils y ont investi, en récoltent les fruits ?

Les accords nationaux et les accords de branches permettaient de les protéger a minima, cette loi les désarme totalement.

Mangerons-nous, dormirons-nous, mieux ainsi ?

Editorial : Tu vœux ou tu vœux pas ou La stratégie d’Aladin

Souhaits2Difficile en ce début d’année d’échapper au déluge des souhaits de pure forme, promesses floues, déclarations de molles intentions, résolutions éphémères, engagements de façade auxquels se croient tenus des élus de tous bords et des responsables de tous poils. Persuadés que l’aube d’une année nouvelle confère à leur propos un supplément d’autorité  - souvent démentie au demeurant  par leurs actions passées- ils s’appliquent tels des demiurges sans mémoire à dessiner l’avenir d’un peuple bien souvent aussi perplexe… qu’incrédule. Car ses vœux à lui, le peuple, restent souvent lettre morte, les appels qu’on lui lance prêchent un unanimisme de circonstance  et l’on ne compte plus les décisions adoptées en son nom sans que le débat dépasse le cercle restreint des partisans du pouvoir.

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Editorial : Le compteur de Noël

LinkyComme sans doute bon nombre d’entre nous, le Malotru se laisse prendre au charme de cette fin d’année qui nous fait retrouver envers et contre tout, une âme d’enfant. Les longues nuits du solstice, les veillées où les grands-parents racontent les légendes du temps jadis... Mais foin de ces vieilles lunes, cette fois-ci, le Père Noël s’est inspiré des techniques les plus performantes du marketing et de la relation client. Alors que la rédaction du journal, tirant la langue, les yeux rivés sur l’ouvrage, en était encore à découper avec application les vignettes illustrant ses rêves les plus fous dans les divers catalogues de cadeaux qui lui étaient parvenus, elle vit arriver dans sa boîte aux lettres un courrier de « son » conseiller EDF favori. Une lettre d’une parfaite urbanité lui annonçait l’arrivée prochaine  dans ses sabots de « Linky »,  un appareil révolutionnaire appelé « compteur communicant ». « C’est quand même la première fois que le Père Noël s’adresse à nous avant qu’on lui ait demandé quoi que ce soit », se dit le Malotru. « Quel communicant, ce compteur ! Menons l’enquête…».

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Editorial : La rage de vivre

 

Malotru ou pas4

Editorial : La Côte d’Emeraude à l’heure européenne

« Cette fois-ci, ça y est. » - penserez-vous peut-être en lisant le titre -, émeraudeurs et émeraudeuses qui suivez cette rubrique, « Je l’ai percé à jour dès les premiers mots, ce plumitif toujours aussi retors, auteur d’éditoriaux improbables. Je parie un euro* qu’il va nous parler du passage à l’heure d’hiver. Un marronnier dans la cour du Malotru ? Quelle déchéance ! ». Pari perdu. La rumeur courait avec insistance, et grâce au Malotru vous avez la primeur de sa confirmation : nous sommes à l’aube d’une ère nouvelle, et cela sans qu’il soit besoin d’avancer ou retarder notre montre d’une heure. Même si d’aucuns se demandent parfois dans quel sens va le temps qui passe, tant les retours en arrière semblent être le modus operandi de nombre de nos dirigeants d’ici et d’ailleurs.

Emeraude

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Editorial : un cauchemar de Malotru

Nous sommes en 2050.

 

La Provence étant totalement désertifiée, il revient à la Bretagne de produire en masse des olives, en remplacement des artichauts à présent cultivés en Norvège…

Sans passer par une Abominable Planification Bureaucratique, l’administration gouvernementale réfugiée à Calais (Paris étant évidemment devenu invivable) a multiplié les crédits d’impôts, report de dettes, et toutes méthodes à sa disposition dans le cadre de la concurrence européenne toujours aussi « libre et non faussée ».

Globe

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¡ Gobernaré escuchando !

"Je gouvernerai en écoutant"

EcouteEcouteEcouteEcouteEcouteEcouteEcouteEcoute

Lors de son discours d’ouverture du conseil municipal de Madrid issu des dernières élections locales, le nouveau maire, Manuela Carmena, a prononcé ces mots dans son introduction, en rupture avec la « gouvernance » de l’équipe précédente menée par le parti Populaire (quelle horreur ce terme managérial pour parler de politique). Madrid, comme Barcelone, Valence, Cadix, La Corogne, Saragosse ont fait le choix de représentants soutenus par des plateformes de la gauche radicale appuyées par le parti anti-austérité Podemos.

Il ne s‘agit pas de d’exprimer dans cette rubrique une quelconque euphorie qui ferait du Malotru un zélateur empressé de ces nouveaux édiles. Nous les verrons à l’œuvre. Mais la formule est belle. Souhaitons qu’elle soit bonne, qu’elle vive au-delà des premiers matins d’ivresse qui suivent le succès.

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Editorial 14 juin 2015

Ce bruit qui ne court plus

Il y a des matins où la réalité, soudain, s’offre à nous sous un jour si limpide, si cru, qu’elle en deviendrait insupportable. Sans doute un effet de ce réflexe venu des âges anciens qui nous fait ressentir avec une particulière acuité l’importance de ce moment où, dans un battement de paupières plus ou moins maîtrisé, nous nous ouvrons au monde. Dans un battement de paupières et aussi dans un frémissement d’oreilles, tant il est vrai que l’information sous toutes ses formes a tendance à envahir notre espace personnel, ce pré qualifié de carré -allez donc savoir pourquoi- que nous défendons bec et ongles comme un ultime refuge de notre innocence face à la complexité et aux dangers de notre époque.

Le vent se lève !... Il faut tenter de vivre écrit Paul Valéry. Alors, allons-y, tentons.

Ce bruit qui court2

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Editorial 9 mai 2015

Mais qu’est-ski se passe à Saint Servan ?

Alerté par ses antennes locales, Le Malotru a souhaité réagir à cette tempête autour d’un ponton de location de scooters des mers dans l’anse de Solidor, havre de paix qui risque bientôt de ne plus dormir sur ses deux oreilles, ni même sur une seule, si l’on n’y prend pas garde.

Et voici qu’au moment  d’écrire ce billet, une voix intérieure m’interpelle avec fureur « Comment peux-tu, misérable plumitif à antennes ! Cela n’a rien à voir avec les combats que mène ton association d’éducation populaire et d’action citoyenne ». Charmé par les sirènes de Port Saint Père, me serais-je égaré ? Ce combat ne serait-il pas le nôtre ?

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Editorial 30 Mars 2015

Le printemps du Malotru

 

Après les marées d’équinoxe, l’arrivée du printemps, le changement d’heure, il était temps que notre Malotru sorte d’hibernation. Un mois et demi après son lancement, le temps de la réflexion, voici une nouvelle livraison à chercher dans votre jardin

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Tout d’abord, il fallait engraisser un peu, se nourrir de l’actualité locale, écrire et passer à la moulinette du comité de rédaction.

Puis faire en sorte que nos forces croissent et embellissent. Et là, nous comptons sur vous !

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Editorial 27 Janvier 2015

Mais quel est donc ce Malotru ?

Bon, eh bien, nous y voilà. Au sein du bureau du comité local Attac du Pays Malouin – Jersey, ça nous démangeait depuis quelque temps, depuis longtemps en fait, depuis que nous constatons le peu d’échos que recueillent souvent, dans la presse locale ou régionale les actions et manifestations menées par notre association. Et pas seulement la nôtre, d’ailleurs ; d’autres organisations qui ne font pas allégeance à la pensée dominante ont aussi fait ce constat. Las de lire des entrefilets tronqués annonçant nos évènements, ou d’en constater l’absence de couverture médiatique quelle que soit leur importance, choqués de la partialité de certains choix rédactionnels, nous voulons faire vivre...

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